Les « autoroutes cyclables » : comment nous avons mis en place un réseau intercommunal au Danemark
Les « autoroutes cyclables » : comment nous avons mis en place un réseau intercommunal au Danemark, septiembre 2024
La Région Capitale du Danemark a révolutionné la mobilité urbaine avec son réseau intercommunal de super-autoroutes cyclables.
Né en 2009 pour lutter contre la congestion croissante, ce projet dépasse les frontières municipales en reliant zones résidentielles, lieux de travail et pôles de transports en commun à travers 29 communes. Avec 16 itinéraires opérationnels en 2024 et une vision d’extension à 850 km, le réseau affiche déjà des résultats impressionnants : une hausse moyenne de 75 % du trafic cyclable, un retour socio-économique de 23 % et un report modal de la voiture vers le vélo pour 14 % des nouveaux cyclistes.
Cette étude de cas explore comment la coopération, des normes uniformes et un soutien politique ont fait du vélo un pilier du transport urbain durable, sain et efficace.
La majeure partie des infrastructures cyclables du Danemark est gérée par les communes et aménagée sur le réseau routier local. Par conséquent, nos infrastructures cyclables sont principalement conçues pour répondre aux besoins spécifiques de chaque commune. Nos « autoroutes cyclables » régionales et intercommunales sont différentes : il s’agit d’itinéraires cyclables de longue distance et cohérents qui relient les zones résidentielles et les lieux de travail au-delà des frontières communales.
Le concept d’« autoroutes cyclables » a vu le jour en 2009 en réponse à l’augmentation des embouteillages dans la région de la capitale, en particulier pendant les heures de pointe. La première « autoroute cyclable » a été inaugurée en 2012. En 2024, nous disposons d’un réseau bien développé de 16 « autoroutes cyclables » à travers la région de la capitale, et d’autres itinéraires seront construits et mis en service dans les années à venir.
Cette étude de cas explique comment une nouvelle catégorie d’infrastructures a été développée puis mise en œuvre dans le cadre d’une coopération volontaire entre la région et les communes de la région de la capitale du Danemark.
Quels sont les résultats obtenus par ce partenariat intercommunal ?
La région de la capitale du Danemark s’étend sur 2 568 km². Elle comprend 29 communes, dont celles qui constituent la capitale, Copenhague. Bon nombre de ces communes sont de petite taille, en particulier celles situées à proximité de Copenhague, ce qui crée une mosaïque d’entités politiques. Ensemble, ces communes et la région de la capitale ont forgé un partenariat afin de faciliter la mise en place du réseau intercommunal de véloroutes. Un réseau de 16 pistes cyclables relie déjà 21 communes. L’objectif du partenariat est d’étendre ce réseau afin de relier toutes les communes de la région grâce à plus de 60 itinéraires, totalisant plus de 850 km de pistes cyclables. Consultez le site supercykelstier.dk/English/ pour obtenir tous les détails sur le réseau et les itinéraires.
« La circulation ne tient pas compte des frontières communales. Si nous voulons que davantage de personnes se rendent au travail à vélo, les communes doivent collaborer pour créer des itinéraires cyclables cohérents et interconnectés dans la région. » Signe Helledi, directrice du Bureau des autoroutes cyclables
Les résultats concernant les 16 premières autoroutes cyclables pour 2023 montrent que :
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L’effet immédiat de la transformation d’un itinéraire en « autoroute cyclable » se traduit par une augmentation moyenne de 52 % du trafic cycliste lorsque l’on compare les mesures avant et après.
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L’effet à long terme, en comparant les mesures antérieures aux comptages de trafic cycliste de 2023, montre une augmentation moyenne du trafic cycliste de 75 % sur les 16 premiers itinéraires.
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14 % des nouveaux cyclistes se déplaçaient auparavant en voiture.
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La longueur moyenne d’un trajet sur une « autoroute cyclable » est de 12 km.
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20 % utilisent un vélo électrique.
Le coût total des 850 km du réseau d’« autoroutes cyclables » est estimé à 326 millions d’euros d’ici 2045. Une fois achevé, le réseau pourrait générer des gains substantiels en termes de rapport coût-bénéfice et présente un retour sur investissement socio-économique de 23 %, en grande partie grâce aux bienfaits supplémentaires pour la santé liés à la pratique du vélo. Le réseau de véloroutes est à ce jour l’un des projets d’infrastructure les plus bénéfiques sur le plan socio-économique au Danemark.
Itinéraires de véloroutes existants et prévus dans la région de la capitale danoise
Nos recommandations pour la création de réseaux intercommunaux de véloroutes
Mettre en place une structure transcommunale pour faciliter la coopération intercommunale
La « Cycle Superhighway Collaboration » a joué un rôle fondamental dans le développement du réseau, en facilitant la coopération nécessaire entre les communes. Cette collaboration s’articule autour d’un comité de pilotage, d’un groupe de projet et d’un bureau commun, qui fait office d’organe de coordination. Le comité de pilotage et le groupe de projet sont composés de représentants des communes participant à la collaboration, ainsi que de représentants de la région de la capitale et d’observateurs de la Direction danoise des routes et de l’Association des collectivités locales du Danemark (KL).
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Comité de pilotage : l’orientation et la stratégie de la Collaboration sur les autoroutes cyclables sont définies par le comité de pilotage, généralement composé des responsables de la circulation des communes.
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Groupe de projet : le groupe de projet est généralement composé de planificateurs de la circulation issus des communes. Ses principales missions consistent à valider les aspects techniques fournis par le secrétariat et à mettre en œuvre localement les autoroutes cyclables au sein de leurs territoires administratifs.
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Le Bureau des autoroutes cyclables facilite la coopération. Cela consiste notamment à s’assurer que les projets bénéficient d’un soutien politique et à coordonner la coopération entre les communes pendant les phases d’étude, de prévision, de construction et d’exploitation. Il collecte et évalue également les données communes, documente l’impact des autoroutes cyclables, est chargé de la communication et de l’image de marque, et développe de nouvelles solutions pour améliorer les conditions de circulation à vélo.
La collaboration ne dispose pas d’un comité de pilotage désigné par les instances politiques. Toutefois, un sommet des maires est organisé régulièrement, réunissant les maires de toutes les communes participantes et de la région de la capitale afin de discuter des progrès futurs et de la mise en place de ces projets.
Établir une norme d’infrastructure uniforme au-delà des frontières municipales, axée sur l’ensemble des itinéraires
La Collaboration sur les autoroutes cyclables de la région de la capitale danoise a élaboré un concept commun qui décrit les principes et les lignes directrices applicables aux autoroutes cyclables dans la région de la capitale danoise (également disponible en anglais). Ce concept couvre toutes les étapes du cycle de vie d’une autoroute cyclable et fournit donc des recommandations pour différentes phases de son développement.
Les autoroutes cyclables doivent rendre le vélo plus attractif et donner à davantage de personnes la possibilité de choisir ce mode de transport pour leurs trajets quotidiens. L’environnement et les infrastructures ont tous deux une influence à cet égard. Les autoroutes cyclables doivent contribuer à une expérience cycliste positive en renforçant le sentiment, chez le cycliste, d’être un usager prioritaire de la route, de pouvoir maintenir une bonne fluidité de circulation et d’emprunter un itinéraire prévisible. La Collaboration sur les autoroutes cyclables a défini cinq objectifs de qualité visant à favoriser cette expérience cycliste positive :
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Cohérence : une « autoroute cyclable » offre aux usagers un itinéraire cohérent et efficace reliant les établissements d’enseignement, les lieux de travail, les zones résidentielles et les principaux nœuds de transport en commun. L’itinéraire doit être cohérent au-delà des frontières municipales et administratives, et être facile d’accès et à localiser.
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Accessibilité : rouler sur une « autoroute cyclable » doit être facile, quelle que soit votre vitesse. Sur une « cycle superhighway », il doit être possible de maintenir son propre rythme avec le moins d’arrêts et d’obstacles possible. L’accessibilité doit également être garantie par des pistes cyclables larges permettant aux cyclistes de se dépasser en toute sécurité.
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Confort : les « cycle superhighways » doivent favoriser une expérience confortable en accordant la priorité à la gestion du revêtement et à un niveau global élevé d’entretien et de maintenance de l’itinéraire. Elles doivent limiter les obstacles provenant de l’environnement et offrir un service de qualité aux usagers.
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Sécurité : une autoroute cyclable doit être sûre et facile à emprunter. Elle doit offrir un niveau de sécurité élevé grâce à des solutions d’infrastructure sûres, à un éclairage adéquat et à de bonnes conditions de visibilité. L’autoroute cyclable doit être visible depuis les environs et favoriser une interaction sûre entre tous les usagers de la route.
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Sécurité perçue : les cyclistes doivent se sentir en sécurité sur une autoroute cyclable. Cela exige à la fois des infrastructures adaptées et un entretien tout au long de l’année. L’autoroute cyclable doit également être située dans un environnement qui contribue à ce sentiment de sécurité.
Une autoroute cyclable ne signifie pas nécessairement une nouvelle piste cyclable : il s’agit souvent d’une modernisation des itinéraires existants, rendant l’infrastructure cyclable plus cohérente sur de longues distances et permettant aux cyclistes de bénéficier d’un niveau de qualité uniformément élevé au-delà des frontières municipales. Certains itinéraires nécessitent également des investissements dans de nouvelles infrastructures, telles que des ponts et des tunnels cyclables, des pistes cyclables nouvelles et plus larges, des correspondances avec les transports en commun et des parkings relais.
Itinéraires de super-pistes cyclables existants et prévus dans la région de la capitale danoise
Obtenir le soutien politique et financier des autorités régionales et nationales
Les projets intercommunaux de « super-autoroutes cyclables » répondent à des enjeux régionaux, mais les budgets municipaux serrés peuvent rendre difficile la priorisation des infrastructures cyclables régionales. Le soutien des autorités nationales et régionales à la coopération intercommunale, ainsi que le cofinancement des réseaux de « super-autoroutes cyclables » et des collaborations, sont donc essentiels à leur réussite.
Le réseau et la Collaboration, y compris l’Office des autoroutes cyclables, sont financés à environ 65 % par la Région de la capitale du Danemark et à 35 % par les communes. En principe, c’est la commune concernée qui prend en charge la construction des infrastructures cyclables, mais toutes les autoroutes cyclables réalisées à ce jour ont bénéficié d’un cofinancement de 40 à 50 % de la part de l’État. Les communes prennent en charge l’exploitation et l’entretien.
Une initiative de communication conjointe menée par le réseau de collaboration a permis de faire comprendre aux responsables politiques la nécessité d’une coopération intercommunale efficace ainsi que le rôle des autoroutes cyclables dans la lutte contre les défis liés au climat, à la santé et aux embouteillages dans les grandes villes danoises et leurs environs. La rentabilité de ces réseaux s’est également améliorée : l’analyse socio-économique du réseau de « cycle superhighways » de la région de la capitale a montré un taux de rendement interne de 23 %, confirmant qu’il est rentable d’investir dans les infrastructures cyclables.
Les conseils de Copenhague sur les autoroutes cyclables pour les navetteurs
Le projet des autoroutes cyclables a été mis à l’honneur dans l’édition 2019 du rapport Cities100, qui recense les projets climatiques audacieux menés par des villes du monde entier. La ville de Copenhague y partage ses conseils sur la nécessité cruciale d’impliquer les lieux de travail : en installant des douches et des vestiaires, des parkings à vélos sûrs et sécurisés, et en promouvant une culture du vélo sur le lieu de travail, les entreprises ont également contribué à rendre les trajets domicile-travail à vélo plus faciles et plus agréables pour leurs employés.
Quelle est la prochaine étape pour les autoroutes cyclables intercommunales ?
Il reste encore beaucoup à faire pour concrétiser la vision de la Collaboration, à savoir la mise en place d’un réseau d’autoroutes cyclables dans la région de la capitale danoise au cours des 20 prochaines années. Pour en tirer pleinement parti, des investissements supplémentaires sont nécessaires dans de nouvelles infrastructures le long d’itinéraires supplémentaires, ainsi que dans l’amélioration des correspondances avec les transports en commun. La collaboration « Cycle Superhighway » envisage un avenir où la promotion régionale du vélo et les infrastructures cyclables régionales joueront un rôle encore plus important dans la lutte contre les crises climatiques et sanitaires mondiales.
Le concept de collaboration intercommunale en matière de cyclisme a déjà été adopté dans d’autres régions du Danemark ainsi qu’à travers l’Europe. Des régions et des zones métropolitaines de pays tels que les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède et la France se concentrent sur le développement de réseaux cyclables et, en avril 2024, l’Union européenne a adopté une Déclaration européenne sur le vélo, reconnaissant le vélo comme l’un des modes de transport et de loisirs les plus durables, accessibles et inclusifs, les moins coûteux et les plus sains. Cette déclaration reconnaît le vélo comme un mode de transport à part entière et sert de ligne directrice stratégique pour les politiques et initiatives existantes et futures liées au vélo.
Referencias
Document en ligne : Cycle Superhighways: How we built an inter-municipal network in Denmark
Para ir más allá
Site web: www.c40.org/