La Rochelle : réglementation des locations de courte durée

2026

European Urban Initiative (EUI)

À La Rochelle, où le tourisme dynamise l’économie mais pèse sur le logement, la montée des locations touristiques a transformé le centre-ville : les résidences secondaires y représentent désormais 25 %. Face à ce constat, la ville a agi avec méthode : enregistrement obligatoire, restrictions de changement d’usage, interdiction des boîtiers à clés.

Objectif : récupérer 1 500 logements d’ici 2030 pour les habitants. Portée par des données solides et une volonté politique, cette approche montre qu’il est possible de concilier attractivité touristique et équilibre social.

La Rochelle est une ville côtière française de taille moyenne qui compte 80 000 habitants sur son territoire communal et 180 000 dans l’ensemble de sa communauté d’agglomération (28 communes). Le tourisme occupe une place centrale dans l’économie locale : il génère 600 millions d’euros de retombées économiques, soutient 8 500 emplois (10 % de l’emploi total) et a enregistré 7,6 millions de nuitées en 2025. À partir de 2018, la croissance rapide des plateformes de location de courte durée a exercé une pression intense sur le marché du logement, entraînant une pénurie de logements, une hausse des loyers et des difficultés croissantes pour les étudiants et les travailleurs saisonniers. La réponse de La Rochelle s’est avérée fondée sur des données factuelles, progressive et politiquement courageuse : elle a consisté à mettre en place un cadre réglementaire par étapes, s’appuyant sur des recherches universitaires, tout en faisant face à des contestations juridiques persistantes fondées sur le droit européen de la concurrence.

Présentation et contexte

Contexte local, vision, défis

En 2019, La Rochelle comptait 2 500 locations touristiques officiellement enregistrées, contre 6 500 annonces en ligne actives — un écart de conformité qui soulignait les limites de l’autorégulation. La part des résidences secondaires dans le centre-ville est passée de 18 % à 25 % entre 2014 et 2020, évinçant les locataires privés. En 2025, la communauté urbaine comptait 9 117 locations touristiques meublées enregistrées et actives, dont 6 198 dans la seule ville — soit une augmentation de 137 % depuis 2020, la croissance s’essoufflant désormais.

L’approche de La Rochelle concilie l’attractivité touristique et la protection du logement grâce à une Stratégie de Tourisme Équilibré (2023–2030), qui vise à réaffecter 1 500 logements de location de courte durée (STR) à un usage résidentiel à l’année. La ville a clairement indiqué que la réglementation n’était pas anti-tourisme mais pro-communauté : le tourisme reste essentiel, et l’objectif est de veiller à ce qu’il ne sape pas le tissu social qui fait l’attrait de la ville.

Principales parties prenantes et partenaires

Le processus réglementaire a été élaboré en étroite collaboration avec l’université de La Rochelle, dont le projet de recherche doctorale « AquiAirBnB » a fourni les données factuelles nécessaires à la prise de décision politique. L’université dirige également l’« observatoire des hébergements touristiques meublés », qui combine des bases de données, des études complémentaires et des analyses d’impact au niveau des quartiers. La Communauté d’Agglomération de La Rochelle coordonne la stratégie globale sur l’ensemble des 28 communes. La Rochelle participe actuellement au projet Interreg Europe « Tourism4SDG ».

Solutions mises en œuvre

Résultats et impact

Clés du succès et conditions préalables

L’approche réglementaire de La Rochelle a été rendue possible grâce à un engagement politique fort de la part d’élus prêts à défendre des mesures controversées au cours de longues procédures judiciaires, à un investissement soutenu dans le partenariat universitaire et l’infrastructure de données, ainsi qu’à une approche progressive qui a permis de constituer des données factuelles et de renforcer les capacités de mise en conformité avant de renforcer la réglementation. La création d’un partenariat de recherche officiel entre l’université et la ville a conféré au processus une crédibilité technique et une validité juridique. La principale leçon pour les autres villes est qu’une action locale audacieuse en matière de locations de courte durée est possible — mais qu’elle nécessite de la patience, des données probantes, de la résilience politique et, en fin de compte, un soutien juridique plus solide au niveau européen pour être pleinement efficace.

Leçons tirées et conseils pour la transposition

Referencias

Para ir más allá