Les territoires ruraux et périurbains, terres d’innovation pour la mobilité durable

Un enjeu majeur, des initiatives indispensables

La fabrique écologique, juin 2017

Cette note est issue des travaux d’un groupe de réflexion présidé par Marc Fontanès et réuni dans le cadre de La Fabrique Écologique entre avril 2015 et avril 2016.

La mobilité dans les territoires à faible densité de population est en train de devenir un enjeu majeur. L’écart entre les agglomérations denses et le reste du territoire, où vivent plus d’un Français sur trois, se creuse. Confrontés à la raréfaction et à l’éloignement des services de la vie quotidienne et des bassins d’emplois, difficilement desservis par les transports en commun, les territoires peu denses n’ont pas accès aux évolutions et dynamiques extrêmement rapides de l’offre de mobilité.

À télécharger : la_fabrique_-_territoires_ruraux_et_mobilite.pdf (1,5 Mio)

Ce constat soulève d’importantes questions sociales. La mobilité est une condition nécessaire à l’inclusion sociale, mais elle a aussi tendance à devenir une injonction pouvant s’avérer insoutenable (ménages sans voiture, vulnérabilité économique, écologique et sociale, seniors, etc.). Face à la rareté énergétique et à la lutte contre le changement climatique, et pour mieux répondre aux besoins, de nombreuses initiatives innovantes se développent, y compris dans les territoires à faible densité. Ils constituent en la matière des lieux d’innovation féconds et inédits. Mais les solutions ont du mal à s’étendre et à se généraliser. Il est important d’y consacrer attention, énergie et moyens.

Cette note a pour objectif de montrer qu’agir au profit d’un système de mobilité plus compatible avec la transition énergétique et écologique et correspondant aux besoins est possible. Elle propose trois pistes concrètes pour une mobilité durable dans les territoires peu denses :

  • Redonner au vélo une place cohérente et organisée dans les solutions de mobilité dans les territoires peu denses. Il s’agit de mettre en place une planification systématique de réseaux cyclables « malins », sécurisés et efficaces en modérant les vitesses de circulation dans le périurbain et en aménageant les itinéraires dans les espaces ruraux. Le but est de développer l’utilisation du vélo, à moindre coût, dans ces territoires où son faible usage s’explique surtout par un déficit d’offre en infrastructures et services ;

  • Pour les déplacements plus longs, la voiture partagée est l’avenir de la mobilité durable dans les territoires peu denses, là où les moyens de transports collectifs traditionnels sont trop coûteux à mettre en place. Avec un gisement de demande se situant entre 2 et 3 millions de ménages, c’est un marché d’avenir, à certaines conditions : que le covoiturage quotidien soit délesté d’une réglementation trop dissuasive pour les conducteurs au plan économique et que l’autopartage fasse l’objet d’une véritable commande publique ;

  • Repenser la gouvernance des mobilités dans les territoires peu denses : pour s’adapter et relever le défi des mobilités, les collectivités des territoires peu denses doivent repenser les modalités d’application de leurs compétences et l’affectation de leurs budgets. Il s’agit notamment de recourir à des outils de coordination entre collectivités, de repenser les modes d’animation et de contractualisation territoriales avec les nouveaux acteurs des mobilités comme avec les acteurs de la vie courante (mairies, centres sociaux, associations, employeurs, garages, etc.), et de consacrer aux nouvelles solutions de mobilité une partie significative du budget transport disponible.

Références

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