La Résidence Martin Luther King à Lille

Un lieu de vie collective

Pascale Thys, 2009

La Résidence Martin Luther King

Cette résidence1 fonctionne selon le principe des Maisons relais. Elle se situe dans une ancienne courée lilloise. Martin Lutter King y est à l’honneur sur le mur du fond. A l’entrée de cette courée, on trouve les boîtes aux lettres des divers résidents2.

Certaines personnes issues de l’hôtel social, ayant des capacités d’autonomie suffisantes, se voient proposer de déménager dans une Maison Relais gérée par la même institution. Créé en 1994 (agréé en 2003 comme Maison Relais), elle s’occupe d’accueillir « les personnes sans abri au long parcours de rue, encore trop fragiles pour entrer et rester dans un logement autonome. ». On peut y séjourner aussi longtemps qu’on le désire.3

Les logements y sont personnalisés, parfois sur plusieurs étages étant donné la disposition des bâtiments dans la courée. Une ‘maîtresse de maison’ gère les locataires tant pour leur logement que pour les problèmes qu’ils rencontrent (rechutes au niveau assuétudes, problèmes de santé…)

Dans tous les cas, des espaces collectifs sont prévus pour les habitants afin de faciliter la rencontre et la convivialité :

  • Dans la ‘rue’ de la courée est installée une table et des bancs ;

  • Le bureau de la ‘maîtresse de maison’ sert de lieu de passage où l’on peut se raconter en dehors d’un espace qui semblerait plus institutionnel ;

  • Un espace cuisine est réservé aux habitants qui peuvent y boire tranquillement leur café ;

  • Un espace « rencontre » avec un billard et une bibliothèque, mais qui semble actuellement sous investi par les occupants.4

Points manquants

  • Un coût peu élevé : budget de fonctionnement = 12 € par jour et par résident.

  • L’idée d’habitats groupés avec des ‘maîtresses de maison » qui logent ou non avec les résidents et peuvent gérer le quotidien des locataires.

  • L’idée que les espaces privés individuels peuvent être bien séparés des espaces plus collectifs sans que cela nuise au projet d’habitat groupé. Le besoin de collectif est différent d’une personne à l’autre. Pour des personnes très précarisées, le fait d’avoir un logement à soi est une véritable nécessité pour réinvestir le collectif.

  • L’idée enfin que l’espace collectif le plus investi est celui du bureau de la ‘maîtresse de maison’ : il y a en permanence un oreille attentive, sans rendez-vous à prendre, sans formalité administrative à remplir préalablement.

L’Hôtel social de l’ABEJ

L’ABEJ5 est une association Loi 1901 (asbl) créé en 1985 par une paroisse protestante sur des valeurs de « respect de la personne humaine et de solidarité avec les plus exclus ». Il s’agit alors de faire face à la montée d’une nouvelle pauvreté et cela se concrétise d’abord par des actions hivernales (accueil social et médical dans un bus).

Les objectifs de l’association sont6 :

  • Apporter une aide humanitaire d’urgence.

  • Accompagner les personnes dans la durée pour les sortir de la rue.

Le concept de l’hôtel social est assez simple : donner à des personnes, qui, pour la plupart, ne pourront pas réintégrer un logement isolé, des conditions de vie décentes avec des services qui s’apparentent à ceux d’un hôtel : clef de sa chambre, nettoyage de la chambre fait par le personnel, repas disponible en salle (3 repas par jour), etc. Il existe ici depuis 2000. La durée du séjour peut dépasser les 6 mois.

Cet hôtel comprend 55 places d’hébergement d’urgence et 4 lits infirmiers. Parce que les personnes en grande précarité sociale, ayant vécu dans la rue (y compris drogue – alcool) souffrent de nombreux problèmes de santé. Les chambres déjà meublées de manière très simple accueillent le SDF qui arrive le plus souvent sans effets personnels. Elles sont entretenues par le personnel de l’hôtel.

L’organisation interne

Comme dans un hôtel, on entre par le hall d’accueil qui se veut très coloré et accueillant. Les résidents y déposent leurs clés quand ils sortent. L’accès au chambre peut se faire à tout moment, mais pour des raisons d’organisation interne, si la sortie est possible après 22H, l’entrée ne l’est plus (l’accueil est fermé). Le règlement d’ordre intérieur y est affiché.

Pour pouvoir rentrer dans cet hébergement, il faut remplir trois conditions7 :

  • constituer un dossier d’entrée (examiner par une commission)

  • adhérer à l’accompagnement social lié au logement

  • accepter et signer le règlement d’ordre intérieur

Un espace de jeu permet aux résidents de se rencontrer et aussi de fumer, ce qui est interdit dans les autres lieux collectifs. La salle à manger propose des plats aux résidents. Il s’agit donc de ne pas reproduire le schéma des maisons d’accueil où les résidents doivent non seulement quitter les lieux tôt matin, mais n’ont pas la possibilité de se restaurer de manière équilibrée8.

En savoir plus

  • Résidence Martin Luther King

    Rue Pline, 5 – 59000 Lille FRANCE

    Tél : +33/328.55.31.80

    Mail : [Résidence Martin Luther King->mailto:mlk@abej-lille.com]

  • Hôtel social de l’ABEJ

    Avenue Cordonnier, 9

    59000 Lille FRANCE

    Tél : +33/328.55.31.80

    Mail : [Abej->mailto:logement@abej-lille.com]