L’initiative de Johannesburg visant à raccorder les habitations informelles au réseau d’énergie renouvelable
2026
Johannesburg est à l’avant-garde d’une nouvelle approche visant à électrifier ses bidonvilles grâce aux énergies renouvelables.
Confrontée à la croissance explosive des quartiers informels (180 000 foyers), la ville a mis en place des solutions hybrides : extension du réseau électrique et micro-réseaux solaires afin d’éliminer les branchements illégaux (responsables de 13 % des pertes d’électricité et des décès par électrocution).
À Setjwetla, un système solaire associé à des cuisinières à gaz a permis de garantir un accès sûr à l’électricité, de réduire les incendies causés par des appareils dangereux et de limiter les pertes financières. Il s’agit là d’une avancée sociale et technique majeure pour les communautés les plus vulnérables.
Étude de cas tirée du rapport : « Comment les villes s’attaquent aux combustibles fossiles » (voir la fiche en lien)
La ville de Johannesburg a connu une croissance rapide des quartiers informels, qui abriteraient actuellement 180 000 foyers, ce qui a entraîné des retards dans la fourniture des services de base tels que l’électricité, l’eau et le ramassage des ordures.
Les ménages de ces quartiers sont principalement raccordés par des moyens illégaux et souvent rudimentaires, ce qui représente 13 % des pertes d’électricité de la ville et entraîne fréquemment des décès.
Johannesburg a progressivement amélioré l’accès à l’énergie pour les ménages des quartiers informels, en combinant l’extension du réseau électrique et l’installation de micro-réseaux alimentés par des énergies renouvelables.
En 2018, Johannesburg a indiqué que 12 850 foyers situés dans des quartiers informels avaient été électrifiés, dont 1 600 dans le quartier informel de Setjwetla. L’électrification de Setjwetla a démontré l’efficacité d’un système photovoltaïque alimenté par l’énergie solaire et renforçant le réseau, associé à des cuisinières à gaz, pour éliminer les branchements illégaux (et les électrocutions mortelles fréquentes), garantir un approvisionnement électrique constant et prévenir les pertes de recettes liées à ces branchements illégaux. Cela a également permis de réduire considérablement les incendies dévastateurs causés par l’utilisation d’appareils de cuisson et de chauffage dangereux.
Construire des infrastructures résilientes et renouvelables
Les villes peuvent pérenniser leurs infrastructures en veillant à ce qu’elles soient résilientes, renouvelables et alignées sur des objectifs économiques à long terme. Cela inclut les sites d’extraction d’énergie, les raffineries, les centrales électriques et les réseaux de distribution. Pour mener à bien cette transition, les villes peuvent réorienter leurs infrastructures locales vers les énergies renouvelables, favorisant ainsi la création d’emplois verts et le développement de nouvelles industries. Par exemple, l’autorité portuaire de Yokohama s’est associée à un service public pour créer un pôle d’énergie verte, utilisant des navires-batteries pour acheminer l’énergie éolienne offshore vers les centres côtiers.
Le contrôle des autorisations relatives aux infrastructures énergétiques dangereuses constitue une autre étape cruciale. Le décret n° 52 de l’État de New York, par exemple, a mis un terme à l’expansion des projets liés aux combustibles fossiles, tandis que la ville de Peruíbe, au Brésil, a bloqué la construction d’une usine de méthane grâce à une législation locale. Les stratégies de transition juste sont tout aussi essentielles : la stratégie maritime et industrielle de Seattle, élaborée en collaboration avec les syndicats et les communautés, vise à protéger les terrains industriels et à créer 35 000 emplois verts. Les accords de transition juste de l’Espagne offrent un modèle collaboratif pour atténuer les impacts socio-économiques de la sortie du charbon et du nucléaire.
Enfin, les villes peuvent plaider en faveur d’une transformation économique plus large. Sydney, par exemple, a adhéré au Traité sur les combustibles fossiles, exhortant les gouvernements nationaux et régionaux à mettre fin à l’expansion des combustibles fossiles et à en éliminer progressivement la production de manière équitable.
Références
Extrait du document pages 20 à 21 : How cities take action on fossil fuels
En savoir plus
C40 Cities : www.c40.org/