Se doter d’une première vision de la réalité de la question alimentaire sur le territoire

Module 4.2 du Mooc « Acteurs, leviers, outils pour mener les transitions du système alimentaire »

Dominique BERNIER, 2018

Pour démarrer une démarche de transition alimentaire, un premier panorama des caractéristiques (profil agricole et agro-alimentaire, organisation des infrastructures, profil socio-économique…), des acteurs et de leurs actions permet de mieux identifier les angles d’entrée et les leviers possibles pour la collectivité ainsi que les conditions de leur mobilisation.

Intégrer la vidéo du module 4.2

Qu’une commande - technique ou politique - ait été formulée ou que vous agissiez en qualité d’aide à la décision auprès de vos décideurs, des repérages préalables s’imposent pour situer l’action de votre collectivité.

Il vous faudra donc :

  • rechercher et agréger deschiffres et données clés permettant d’établir et partager une représentation du profil agricole et alimentaire du territoire (comme par exemple, le nombre et le profil des exploitations agricoles et des agriculteurs du territoire, le nombre et le profil des commerces alimentaires, l’organisation des filières… ) ;

  • établir des corrélations (comment par exemple, le profil socio-économique et le profil sanitaire de la population) ;

  • repérer les actions déjà engagées par votre structure et touchant les entrées agricoles et alimentaires ainsi que les capacités à agir de votre collectivité en lien avec l’exercice des compétences institutionnelles ;

  • identifier les opportunités offertes par les institutions (lois, politiques, programmes, instruments, dispositifs, …). Bien-sûr le Programme National pour l’Alimentation (PNA) qui propose plusieurs entrées thématiques pour travailler les questions en lien avec l’alimentation. Citons en quelques-unes autres en fonction des différentes dimensions de la question alimentaire :

    • sur le plan environnemental, les Trames Vertes et Bleues, les dispositifs TEPOS, TEPCV, TZGZD, les Plans Climat Air Énergie Territorial, le plan Ecophyto, les Plan plans et programmes de prévention et gestion des déchets, les Programme programmes d’Economie Circulaire, le Programme National Santé Environnement

    • en termes d’aménagement : le Programme d’Aménagement et de Développement Durable du Schéma de Cohérence Territorial, les PLU ou PLUI, les SAGE, les Chartes de parcs naturels régionaux… ,

    • sur le plan de la santé et de l’accessibilité : le Programme National Nutrition Santé, le Contrat Local de Santé,

    • en termes économiques de développement local : les programmes de développement rural (PDR) fruits d’une contractualisation entre les régions et l’Europe, les Agenda 21 Locaux ; les programmes LEADER …,

    • et toujours en termes économiques, mais sur les aspects d’emploi ou de retour à l’emploi, , citons les Programmes d’insertion, le Plan Local d’Insertion par l’Économie, le dispositif Territoires Zéro chômeurs…

  • Enfin, il vous faudra identifier localement des espaces de concertation, formels ou non, permettant d’aborder les évolutions agricoles et alimentaires.

Aussi, parallèlement à la clarification sémantique, l’obligation de mettre en lumière puis de mettre en forme ce premier état des lieux constituera l’étape d’entrée en intelligibilité. Cette étape de recueil et production de données est également à considérer comme un moyen d’organiser un dialogue technique inter-services au sein de votre organisation voire un dialogue inter-structures dans la perspective d’une démarche interterritoriale. Dès cette phase d’émergence, le principe est d’initier la transversalité souhaitée pour organiser une dynamique commune et tendre vers un projet alimentaire territorial systémique touchant les différentes entrées ou dimensions de l’alimentation.

Cette consolidation initiale de données sera bien sûr à compléter ou affiner avec les acteurs ou via des collectes ou études complémentaires quand la démarche territoriale sera réellement engagée. Rappelons ici qu’un diagnostic co-construit et partagé est une des conditions pour s’assurer de la mobilisation et de l’implication des parties-prenantes. De plus, s’il existe un socle commun à l’ensemble des démarches alimentaires territoriales, les orientations stratégiques et axes d’intervention seront toujours spécifiques aux territoires qui les développent en fonction de leur profil et en réponse à des enjeux locaux qui auront été identifiés et partagés lors des étapes de diagnostics et de concertation.

Nous voyons ici le rôle essentiel que joue l’agent en mettant en forme les informations préalables à la construction de ce destin collectif, et, ce, sans caractériser ce que pourrait être ce destin collectif ni même asseoir le rôle qu’y jouera la collectivité dont il dépend ou même son propre rôle dans la future dynamique.