Le lac du Bourget, territoire pertinent pour le développement durable du coeur de la Savoie

Le projet Grand Lac (1999-2015) doit assurer la pérennité des équilibres naturels et la reconquête de la pureté et de l’identité du lac du Bourget

Jérôme BAR, 2006

Situé entre Chambéry et Aix-les-Bains, le lac du Bourget est le plus grand lac naturel de France. Autour de ce lac vit, travaille et se déplace la moitié de la population savoyarde, soit plus de 170000 personnes. En 1997, quelques années après l’étude d’un schéma de cohérence par l’Etat français, le Conseil général de Savoie a pris l’initiative d’engager une phase de concertation avec les collectivités locales, qui a débouché sur l’élaboration d’un projet de développement durable dans la zone la plus urbanisée de la région. Le lac s’est naturellement imposé comme l’élément fédérateur autour duquel pourraient se rassembler les énergies. Soixante et une communes font partie du bassin versant du lac. Elles bénéficient d’un cadre de vie exceptionnel qui dépend directement de la santé du lac et des retombées économiques qu’il représente en termes de tourisme et d’installation d’entreprises (un technopôle et l’université se sont installés sur ses rives).

C’est ainsi que le lac du Bourget - propriété de l’Etat - est devenu l’affaire de tous : collectivités locales, pouvoirs publics et individus dans le cadre d’un projet de 15 ans (1999-2015) validé par le Comité interministériel pour l’Aménagement et le Développement durable du territoire en 1999, puis inscrit au Contrat de plan Etat-région 2000-2006 comme l’un des grands projets structurants de la région Rhône-Alpes.

Aujourd’hui, la Communauté Européenne, l’Etat, la région Rhône-Alpes, le Conseil général, les 61 communes du bassin versant au travers de leurs cinq groupements (Communautés de communes ou d’agglomérations), ainsi que divers partenaires (Conservatoire du patrimoine naturel de Savoie, université, etc.) et les habitants (associés ou non) sont mobilisés dans le cadre du projet Grand Lac autour de cinq axes :

  • l’eau, pour permettre au lac de retrouver ses équilibres naturels (assainissement des eaux usées, limitation des pollutions…),

  • le patrimoine culturel, pour mettre en valeur l’histoire, l’architecture et l’identité du lieu, qui inspira de nombreux artistes, comme Jean-Jacques Rousseau et Lamartine,

  • les paysages, pour mettre fin aux dégradations paysagères et souligner des éléments remarquables,

  • les déplacements, pour éloigner le trafic et reconquérir les berges (pour le tourisme, les circulations douces…),

  • l’économie, par le développement du tourisme et des loisirs, la création d’un institut pour l’énergie solaire et les énergies renouvelables (recherche, expertise, formation…) et la mise en place d’un territoire de référence pour les éco-industries. Ce projet s’appuie sur les TIC (technologies de l’information et de la communication) avec la construction de la boucle métropolitaine de desserte numérique du bassin.

En 2002, le projet Grand Lac va renforcer sa structuration au travers d’un GIP (groupement d’intérêt public), qui garantira sa conduite partenariale en associant l’ensemble des organismes publics précités.

En outre, une démarche participative est encouragée avec la création de lieux d’information et de médiation avec le grand public (réunions publiques, lieux d’exposition permanents, actions de sensibilisation en milieu scolaire, ouverture d’un site Internet…) ; la mise en place d’un fonds de soutien aux initiatives locale ; l’édition d’un guide pratique Je participe ! (conseils aux habitants pour les loisirs, la gestion des déchets, la consommation, les déplacements, etc., conformes aux principes de développement durable inscrits dans le projet) ; la mise en place d’une structure consultative composée de 70 membres issus des milieux associatif, professionnel, scientifique et syndical locaux.

Projet consensuel, rassemblant des acteurs publics et privés, se donnant les moyens d’une appropriation par les élus comme par les habitants, le projet Grand Lac a pour finalité de développer une prise de conscience environnementale par l’émergence d’une identité territoriale et un souci collectif de préserver un patrimoine fragile. Face aux pouvoirs publics, le Grand Lac peut également devenir un interlocuteur efficace et pertinent au service des intérêts des communes qui le constituent.

Referencias

  • Cette fiche a été réalisée lors des Entretiens internationaux de la Délégation à l’Aménagement du territoire et à l’Action Régionale (DATAR), à Paris, du 28 au 30 janvier 2002.

  • Entretien avec Etienne COUVREUR, Directeur adjoint de l’Environnement et de l’Aménagement du Conseil Général de Savoie

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