Projet LIFE AgroClimaWater (Grèce et Italie)

agosto 2021

Agence pour l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME)

Sur les terres ancestrales de Crète, où les oliviers ont résisté à des millénaires de sécheresse et où la brise marine apporte le parfum du thym, un nouvel ennemi se profile : le chaos climatique. Des vagues de chaleur prolongées brûlent la terre, tandis que des averses soudaines érodent le sol, menaçant les moyens de subsistance des agriculteurs qui cultivent ces terres depuis des générations. Au milieu de cette tourmente, le projet LIFE AgroClimaWater, mené par HYETOS S.A. et un consortium de partenaires locaux, s’est imposé comme une bouée de sauvetage. Sa mission ? Réduire la consommation d’eau de 30 % tout en augmentant la production grâce à des pratiques durables et peu coûteuses : paillage, irrigation goutte à goutte, taille et fertigation. Ici, l’innovation ne naît pas dans les laboratoires, mais dans les champs, où des agriculteurs comme George Motakis réapprennent à cultiver en harmonie avec un climat de plus en plus imprévisible.

Para descargar: capitalisation-cc-adaptation-practices-mediterranean-011449b-projectfolio-en.pdf (3,2 MiB)

En quoi cette action contribue-t-elle à l’adaptation du territoire au changement climatique ?

Un territoire touché par des événements extrêmes et la désertification

Les principaux impacts observés sur les milieux naturels dans ce type de territoire sont des événements extrêmes tels que les vagues de chaleur et les inondations, mais aussi la désertification due à de faibles précipitations annuelles, ce qui entraîne une dégradation des écosystèmes (par exemple, l’érosion des sols).

Des productions agricoles sous pression

Ces impacts affectent les activités économiques en réduisant, voire en détruisant parfois totalement, la production agricole. La dégradation des écosystèmes peut entraîner des problèmes tels que des maladies des plantes qui affectent directement la production.

Comment augmenter la production et la qualité à moindre coût ?

Ce projet est une initiative de gestion des ressources naturelles visant le bien-être et l’augmentation de la production locale, en tenant compte des effets du changement climatique au niveau local. Les impacts du changement climatique sur la production ont été la principale raison du lancement du projet, mais aussi les besoins locaux visant à identifier les meilleurs moyens de s’adapter au changement climatique tout en augmentant la production grâce à une réduction des coûts de production. Par conséquent, l’adaptation des plantations d’arbres aux effets à venir du changement climatique (pénurie d’eau, inondations) et l’adaptation des pratiques agricoles (techniques à faible coût) constituaient l’objectif principal de l’initiative.

La valeur ajoutée de l’adaptation des vergers en Crète

Le projet a contribué à la mise en œuvre de pratiques agricoles améliorant l’état des ressources naturelles, ainsi qu’au développement socio-économique en incitant les agriculteurs à rester et à continuer de produire localement. Des actions en matière de gouvernance de l’eau ont également été explorées. La capacité d’adaptation du secteur agricole a par ailleurs été renforcée grâce à une consultation publique et à la formation des parties prenantes sur les exigences du système de gestion de l’eau agricole et sur la stratégie proposée d’adaptation de la gestion de l’eau (au changement climatique).

Pleins feux sur le projet

Objectif

L’objectif principal du projet LIFE AgroClimaWater est de promouvoir l’utilisation rationnelle de l’eau et de soutenir la transition vers une agriculture résiliente au changement climatique dans les pays méditerranéens, grâce à l’élaboration de stratégies d’adaptation en matière de gestion de l’eau au sein de trois organisations d’agriculteurs (FOR) situées dans deux régions de Crète, en Grèce (Platanias et Mirabello), et dans une région de la Basilicate, en Italie (Metapontino).

Contexte

À l’instar de vastes régions du sud de l’Europe caractérisées par de faibles précipitations annuelles, Platanias, en Crète (Grèce), est particulièrement touchée par le changement climatique. De plus, ces régions (par exemple la Crète) sont également marquées par des conflits d’usage autour de l’eau, notamment entre l’agriculture et le tourisme. Le maintien d’un niveau de production élevé dans les vergers, tout en réduisant considérablement la consommation d’eau, permettrait de libérer suffisamment d’eau pour une agriculture résiliente au changement climatique. En revanche, l’absence d’adaptation des vergers renforcerait la tendance à l’abandon, avec des conséquences négatives pour les communautés locales et les écosystèmes.

Le projet s’est principalement concentré sur la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles visant à s’adapter au changement climatique, à améliorer l’efficacité hydrique et à rationaliser l’utilisation des produits agrochimiques dans 10 exploitations pilotes par zone de projet (8 oliveraies et 2 vergers d’agrumes dans la région de Platanias) pendant 3 cycles de culture (années), sous la supervision des agronomes des organisations d’agriculteurs.

Description technique

Le projet a identifié des bonnes pratiques agricoles qui ont été mises en œuvre dans les parcelles de démonstration de chaque site pilote et font l’objet d’un suivi. Les groupes d’interventions comprennent :

Territoire concerné :

Deux zones en Crète, en Grèce (Platanias et Mirabello) et une en Basilicate, en Italie (Metapontino) – Milieux arides et semi-arides Porteurs de l’initiative : HYETOS S.A. STUDIES, RESEARCH & CONSULTING SERVICES (coordinateur) - www.yetos.gr

Partenaires :

  • Université de Basilicate

  • Organisation agricole hellénique « DEMETER »

  • RodaxAgro Ltd

  • Coopérative agricole Mirabello Union S.A.

  • Assofruit Italia

  • Entreprise de développement de la commune de Platanias

Calendrier :

Durée du projet : 60 mois (1er septembre 2015 – 31 août 2020)

Ressources financières :

  • Budget total du projet LIFE AgroClimaWater : 2 423 223 €

  • Cofinancé par le programme européen : 1 395 749 € (57,8 %), et par le partenariat du projet : 1 027 474 € (42,2 %)

Quels sont les résultats concrets ?

Gestion des ressources naturelles pour la résilience des exploitations agricoles locales en Crète

L’objectif initial du projet, à savoir réduire de 30 % la consommation d’eau tout en augmentant la production, a été atteint par différents moyens. Plus de 20 agriculteurs ont été identifiés comme actifs sur le terrain, tandis que des centaines d’autres ont participé aux formations et aux ateliers organisés dans le cadre du projet.

Toutes les actions répondaient aux attentes des bénéficiaires et aux besoins du territoire, notamment en ce qui concerne l’amélioration de la qualité de vie des habitants grâce à l’augmentation de la production tout en réduisant les coûts de production, en tenant compte des impacts du changement climatique (pénurie d’eau, inondations, vagues de chaleur) et de ses effets indirects, tels que les maladies des plantes.

Avantages connexes sociaux, économiques et environnementaux

Le projet a contribué à éviter une érosion supplémentaire des sols à l’échelle des actions pilotes, en testant et en appliquant des techniques pertinentes et peu coûteuses (par exemple, le paillage, les cultures de couverture, la taille d’hiver et d’été, l’apport de matière organique, l’irrigation adaptée aux besoins en eau des cultures, la fertigation, etc.).

La réduction de l’utilisation de pesticides a également eu un impact positif sur les questions environnementales et sanitaires.

De meilleures conditions ont été créées pour permettre aux agriculteurs locaux de poursuivre leur production sur place et d’éviter d’abandonner leurs terres. En effet, en raison de la crise financière en Grèce et du faible prix de l’huile d’olive et des agrumes, de nombreux agriculteurs ont tendance à abandonner leurs terres.

Autres implications

Une certaine marge d’adaptation a été nécessaire, certaines activités ayant été légèrement modifiées en fonction des besoins et de la réalité locale (par exemple, la fertigation et les pratiques de semis direct étaient déjà adoptées par certains agriculteurs ; la taille estivale et l’application de kaolin dans les oliveraies n’ont pas été mises en œuvre en raison d’un été exceptionnellement pluvieux, les bénéfices dans ces circonstances n’ayant pas été suffisants pour justifier le coût de leur mise en œuvre).

Par ailleurs, trois exploitations pilotes ont dû être remplacées : l’une a été rachetée par un propriétaire qui n’avait pas l’intention de poursuivre l’activité agricole, tandis que les deux autres appartenaient à un agriculteur peu coopératif, qui n’a jamais accepté le nouveau système d’irrigation ni l’équipement de surveillance dans la partie de son champ réservée à la démonstration.

Une seule exploitation a connu une baisse significative de rendement due à une infestation par la mouche de l’olivier, avant la récolte, en raison d’un malentendu entre l’agriculteur et le prestataire concernant la responsabilité de l’application des traitements phytosanitaires dans la partie de la parcelle dédiée à la démonstration.

Un aspect majeur qui fait encore l’objet de discussions entre les partenaires du projet et les parties prenantes locales concerne les activités de protection des végétaux (contre les infestations d’insectes et de champignons), qui n’étaient pas incluses dans le projet mais qui s’avéreraient nécessaires.

Quelles sont les conditions de réussite ?

Facteurs clés de réussite

Les activités du projet ont été perçues positivement par les parties prenantes concernées de la région.

Un autre facteur de réussite consiste à tirer parti à la fois des pratiques et des savoir-faire locaux et du soutien bilatéral des acteurs politiques et techniques de la région.

La communication et la sensibilisation jouent un rôle important pour impliquer davantage les parties prenantes et les décideurs locaux.

Le partenaire du projet s’est constamment efforcé d’impliquer de plus en plus de parties prenantes (agriculteurs) de manière active dans les activités de terrain, en particulier cette année en raison des problèmes liés aux volumes de production.

Le transfert de connaissances et la formation des agriculteurs locaux aux techniques et pratiques alternatives apportent une forte valeur ajoutée. Les échanges pratiques (lors de visites sur le terrain) aident les participants à se familiariser avec des techniques peu coûteuses susceptibles d’être utilisées pour accroître leur production et améliorer la qualité de leurs produits.

Les résultats visibles confèrent également une légitimité aux solutions proposées, notamment en matière de gestion des ressources naturelles et plus spécifiquement de l’eau et du ruissellement. Des différences significatives ont été observées entre les parcelles où des techniques à faible coût ont été appliquées et celles où elles ne l’ont pas été.

Cependant, il reste encore certaines difficultés à surmonter, notamment en ce qui concerne l’implication des parties prenantes et la communication avec les agriculteurs.

Arguments pour mobiliser en faveur de l’adaptation

Le changement climatique exacerbe les conflits existants (notamment les conflits d’usage autour de l’eau, en particulier entre l’agriculture et le tourisme) et exige des solutions. Il a été démontré qu’il existe des solutions peu coûteuses pour accroître la production et la qualité des produits dans les zones arides et semi-arides.

Le maintien d’un niveau de production élevé dans les vergers, tout en réduisant considérablement la consommation d’eau, permettrait de libérer suffisamment d’eau pour une agriculture résiliente au changement climatique. De plus, l’absence d’adaptation des vergers renforcerait la tendance à l’abandon, avec des conséquences négatives pour les communautés locales et les écosystèmes.

Enseignements utiles pour des initiatives similaires

Les activités ont été bien planifiées dès le départ et les producteurs locaux ont été impliqués dès la phase de conception du projet. L’intégration de la protection des végétaux pourrait constituer une activité supplémentaire à prévoir.

Les principaux conseils à donner à une organisation souhaitant mener une initiative similaire pourraient être les suivants :

Témoignage d’un participant « La gestion des ressources naturelles est essentielle au bien-être et à la lutte contre le changement climatique. » — George Motakis, agriculteur local, agronome de la coopérative agricole

Referencias

Étude réalisée par Thanos Smanis, consultant indépendant

Document de l’ADEME  : Capitalisation on climate change adaptation practices in the mediterranean area. Project portfolio Capitalisation sur les pratiques d’adaptation au changement climatique dans la région méditerranéenne. Portefeuille de projets

Para ir más allá

Contacts

De l’Institut de l’olivier, des plantes subtropicales et de la vigne de La Canée, Organisation agricole hellénique « Dimitra » : Dr N. Kourgialas, Dr G. Psarras, Dr G. Koumbouris. Contact : kourgialas[@]nagref-cha.gr