Porter un projet de territoire en transition
Articuler les démarches méthodologiques
mai 2021
Territoires à Energie Positive (TEPOS)
Dans un contexte où les transitions écologique et énergétique deviennent des impératifs pour les territoires, le CLER – Réseau pour la transition énergétique propose avec ce guide un cadre inspirant et opérationnel pour porter des projets ambitieux. Fruit de dix ans d’expérience auprès des collectivités pionnières (TEPOS, PCAET, CRTE…), il invite à repenser l’action publique non plus comme une juxtaposition de procédures, mais comme une démarche systémique, coopérative et ancrée dans le temps long. Entre témoignages concrets, principes directeurs et plaidoyer pour une ingénierie territoriale renforcée, ce document montre comment transformer les contraintes en leviers de développement, tout en redonnant aux acteurs locaux le pouvoir d’agir. Une lecture essentielle pour ceux qui croient que la transition se construit avec les territoires, et non pour eux.
Cette fiche en résume l’essentiel de la page 18 à la page 30.
À télécharger : porter-un-projet-de-territoire-en-transition-2021_fr.pdf (4,3 Mio)
Porter un projet de territoire en transition : une ambition qui libère
(Pages 14–17)
Un territoire, une histoire, une âme. Le guide ouvre sur une réflexion profonde : un projet de territoire n’est pas un simple document technique, mais une œuvre collective, une vision partagée qui donne sens à l’action publique. Depuis plus de vingt ans, la notion de projet de territoire a évolué, passant d’une approche techniciste (où les compétences étaient exercées de manière opportuniste) à une stratégie globale, où les acteurs locaux deviennent les auteurs de leur propre développement.
L’autonomie énergétique comme levier de liberté. L’exemple du Mené, territoire pionnier, illustre cette philosophie : »L’énergie est sous nos pieds et au-dessus de nos têtes. À nous de l’exploiter. » L’autonomie n’est pas un repli sur soi, mais une ouverture : elle permet aux territoires de co-construire des ressources locales (savoir-faire, coordination, intelligence collective) et de les positionner sur des marchés extérieurs. C’est une libération – une capacité à penser les changements de valeurs et de pratiques, en mobilisant ce qui fait l’identité du territoire.
Vers un opérateur territorial de l’énergie. Pour concrétiser cette autonomie, le guide souligne l’importance des opérateurs énergétiques territoriaux : des acteurs ancrés localement, capables de coordonner la production, la distribution et la fourniture d’énergie, tout en capitalisant les connaissances et en créant de la valeur territoriale. Ces opérateurs ne se contentent pas de produire de l’énergie : ils produisent aussi de l’autonomie, en associant citoyens, collectivités et entreprises dans une gouvernance partagée.
Mettre en mouvement les territoires ; quatre principes pour agir
(Pages 18–23)
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Créer les conditions de l’engagement, ici et maintenant. « Le changement ne va pas de soi. Il se heurte à des résistances. » Pour les dépasser, il faut susciter le désir : valoriser le patrimoine culturel immatériel du territoire (mémoires, récits, événements locaux) pour créer de la fierté et un sentiment d’appartenance. L’engagement se construit par des victoires rapides (petites actions concrètes) qui entraînent un effet boule de neige : confiance, apprentissage, prise de risque collective.
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Agir en coopération, tenir le cap et la durée. La coopération n’est pas un supplément d’âme, mais une nécessité pour conduire le changement dans sa complexité. Elle suppose :
- Un changement de posture : le pouvoir avec autrui, et non sur autrui.
- Des espaces de rencontre pour briser la méfiance et apprendre ensemble.
- Une capacité à mettre les conflits au travail : les divergences deviennent des ressources pour enrichir l’action. « Coopérer, c’est aussi organiser la dispute. » Les économies d’échelle, la mutualisation et les synergies en découlent naturellement.
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Agir de façon intégrée et systémique. Il s’agit de chausser des lunettes qui élargissent le regard :
- Impliquer tous les acteurs (citoyens, élus, techniciens, entreprises) pour élargir le périmètre d’intervention.
- Porter le projet avec des binômes élus-techniciens, en dépassant les liens hiérarchiques.
- Prêter attention aux externalités (effets non anticipés) pour identifier de nouvelles parties prenantes
- Penser multi-échelles (communale, intercommunale, bassin de vie) pour mobiliser toutes les ressources utiles.
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Évaluer la valeur créée, s’intéresser aux effets utiles. L’évaluation ne doit pas se limiter aux indicateurs quantitatifs. Il faut mesurer la richesse immatérielle :
- Niveau d’engagement des acteurs.
- Qualité de la coopération.
- Capacité de résilience. « Capitaliser, c’est prendre le temps de faire une pause pour gagner en pertinence. » Les retombées non anticipées (comme les dynamiques collectives) sont tout aussi stratégiques que les résultats programmés.
Articuler les démarches territoriales de transition : structurer la cohérence
(Pages 24–30)
Un foisonnement de dispositifs… et un « mal français ». Depuis dix ans, l’État a multiplié les outils pour accompagner les territoires : PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial), TEPCV (Territoires à Énergie Positive pour la Croissance Verte), CTE (Contrats de Transition Écologique), Cit’ergie, Économie circulaire, CRTE (Contrats de Relance et de Transition Écologique)… Chaque dispositif a sa spécificité, mais leur juxtaposition a créé une jungle pour les collectivités, qui peinent à y voir clair. « Chacun sa loi, chacun son appel à projets, chacun son budget… » : telle est la critique récurrente, révélatrice d’un manque de continuité des politiques publiques et de lisibilité pour les acteurs de terrain.
Rétablir de la cohérence : le CRTE comme opportunité ? Le CRTE marque une évolution positive :
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Il place le projet de territoire au cœur de la contractualisation entre l’État et les collectivités.
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Il encourage une approche systémique et un dialogue territorial (avec citoyens, entreprises, associations).
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Il vise à unifier les contrats (ruralité, CTE, contrats de ville…) et à dépasser l’ingénierie par projet pour soutenir une dynamique globale.
Mais des limites persistent :
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Aucun financement dédié pour l’ingénierie humaine, pourtant cruciale.
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Pas d’incitation forte à l’ambition écologique. « Sans intelligence territoriale et sans moyens humains, pas de transition. »
Plaidoyer pour une ingénierie territoriale pérenne. Pour que les territoires structurellement déficitaires en ingénierie (surtout ruraux) puissent s’engager, il faut :
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Fluidifier l’accès aux dispositifs existants (Contrat d’objectifs ADEME, FNADT) via une logique de guichet ouvert.
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Augmenter les budgets alloués (quelques dizaines de millions d’euros par an).
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Pérenniser les postes de chargés de mission pour éviter le turnover et permettre une montée en compétences.
Le document insiste sur l’importance de l’intelligence territoriale et de la démocratie délibérative pour ancrer la transition dans la durée. Les territoires pionniers (comme ceux cités en exemples) montrent que la clé réside dans :
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L’animation locale (chargés de mission, espaces de dialogue).
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La mutualisation (ressources, compétences, financements).
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L’expérimentation (droit à l’erreur, apprentissage collectif).
| Voir les exemples concrets (Le Mené, Thouarsais, Parc des Grands Causses…), tableaux synthétiques, métaphores ("tirer la ficelle sans la rompre") qui mettent en avant des témoignages (élus, techniciens, citoyens) et des défis concrets (résistances, coopérations, financements). |
Références
Document TEPOS : Porter un projet de territoire en transition
En savoir plus
TEPOS : Animé par le réseau Cler, le réseau TEPOS rassemble plus de 150 acteurs engagés en faveur de la transition énergétique sur leur territoire : collectivités locales, porteurs de projet et acteurs locaux.