Optimisation de la production de biens et de services par les écosystèmes forestiers méditerranéens dans un contexte mondial en mutation (Liban)
août 2021
Agence pour l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME)
Les écosystèmes forestiers du Liban, déjà vulnérables à la hausse des températures (+3,2 °C d’ici 2100), à la baisse des précipitations (-11 %) et à la désertification, sont confrontés à des pressions croissantes liées aux incendies, aux ravageurs et à une utilisation non durable des terres. La réserve de biosphère de Jabal Moussa (6 500 ha) est devenue un site pilote d’une initiative de la FAO et du Plan Bleu (2012-2016) visant à intégrer l’adaptation au changement climatique dans la gestion forestière.
En développant des outils d’aide à la décision, des évaluations économiques des services écosystémiques et une gouvernance participative, le projet visait à renforcer la résilience tout en soutenant les moyens de subsistance locaux (apiculture, écotourisme, culture du thym). Bien que des lacunes scientifiques et des tensions institutionnelles aient persisté, cette initiative a jeté les bases de politiques forestières durables et de mécanismes de financement liés au carbone, démontrant ainsi que l’adaptation nécessite à la fois des connaissances écologiques et une intégration socio-économique.
À télécharger : capitalisation-cc-adaptation-practices-mediterranean-011449b-projectfolio-en.pdf (3,2 Mio)
En quoi cette initiative contribue-t-elle à l’adaptation du territoire au changement climatique ?
Le Liban est très vulnérable au changement climatique
Les températures devraient augmenter de 1,7 °C d’ici 2050 et de 3,2 °C d’ici 2100, parallèlement à une baisse de 11 % des précipitations, une diminution de 70 % du manteau neigeux, une augmentation de 30 % des inondations, 18 jours supplémentaires de sécheresse et une élévation de 60 cm du niveau de la mer. Cela aura un impact économique considérable sur le pays à moyen et long terme.
Le secteur forestier est particulièrement vulnérable
Bien que le couvert forestier soit actuellement en expansion au Liban et que le pays reste globalement un puits de carbone, le changement climatique a un impact négatif sur ses forêts : augmentation du nombre d’incendies de forêt, vulnérabilité accrue aux maladies et aux infestations d’insectes, réduction de la superficie et destruction de certains types de forêts, érosion. La destruction des forêts a un impact indirect sur les nombreuses activités économiques dont elles sont le soutien.
Pour faire face à ces impacts, le projet vise à développer de nouvelles pratiques au Liban afin de mieux comprendre, utiliser et gérer les forêts
Ces pratiques sont axées sur les enjeux du changement climatique et visent à développer et à transmettre des méthodes : 1) pour mieux comprendre la vulnérabilité des forêts, 2) pour identifier les chaînes de valeur et les opportunités de développement des produits forestiers, 3) pour mettre en place une gouvernance participative adaptée.
Cette initiative vise à faire de l’adaptation au changement climatique un enjeu central des politiques et pratiques de gestion forestière, en intervenant à différents niveaux et en développant des synergies avec d’autres projets en cours sur le même thème
Au Liban, le projet fournira des méthodes de travail et des pratiques de gestion à l’Association pour la protection de la réserve de Jabal Moussa (APJM). Il permettra au ministère libanais de l’Agriculture d’évaluer les avantages et les obstacles liés à l’utilisation des mécanismes de financement du carbone, et d’assimiler des méthodes de calcul de la chaîne de valeur intégrant les services écosystémiques. Pour SILVA MEDETERRENEA et la FAO, il constituera l’occasion de redynamiser le réseau d’échanges du Partenariat collaboratif sur les forêts méditerranéennes (CPMF), en particulier entre les pays du sud et de l’est de la Méditerranée.
Ce projet a été élaboré en synergie avec le projet « Adaptation au changement climatique des conditions-cadres de la politique forestière dans la région MENA » (Adaptation des conditions régissant la politique forestière au changement climatique dans la région MENA), mis en œuvre par la GIZ et les mêmes partenaires de 2010 à 2015, et vient le compléter.
Pleins feux sur le projet
Objectif
Encourager les parties prenantes à gérer et à restaurer les forêts méditerranéennes, afin qu’elles puissent fournir de manière durable des biens et services environnementaux, dans un contexte mondial en rapide évolution caractérisé par une très forte pression anthropique sur les écosystèmes
Contexte
La réserve de biosphère de Jabal Moussa a été choisie comme site pilote au Liban pour cette initiative.
D’une superficie de 6 500 hectares, la réserve comprend une grande variété d’habitats à des altitudes allant de 350 à 1 600 m. Il s’agit d’une réserve naturelle libanaise reconnue, qui comprend trois zones. La zone centrale (1 250 hectares) est entièrement protégée afin d’assurer la conservation. La zone tampon, qui s’étend sur cinq villages, est dédiée à la conservation tout en autorisant certaines activités limitées jugées durables sur les plans écologique et socioculturel. La zone dite « de transition » comprend 24 villages ; cette zone autorise des activités de développement socio-économique à faible impact environnemental.
La réserve est gérée par une ONG, l’Association pour la protection de la réserve de Jabal Moussa (APJM). Les activités suivantes sont menées à l’intérieur de la réserve : écotourisme, restauration artisanale, apiculture, ainsi que l’exploitation illégale de charbon et l’élevage de moutons et de chèvres.
La loi impose un moratoire sur l’abattage des conifères.
Le changement climatique a un impact visible, provoquant le déclin de plusieurs espèces d’arbres au sein de la réserve. L’exploitation illégale du charbon et l’élevage contribuent également au déclin d’autres espèces. L’érosion des sols aggrave la déforestation et la contamination des rivières et des ruisseaux. Enfin, il existe un risque élevé d’incendies de forêt dans certaines zones.
Description technique
Le projet comprend cinq volets :
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Volet 1 : Production de données et développement d’outils d’aide à la décision et de gestion concernant la vulnérabilité au changement climatique et les capacités d’adaptation
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Volet 2 : Estimation de la valeur économique et sociale des biens et services fournis par les écosystèmes forestiers
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Volet 3 : Développement de méthodes de gouvernance territoriale participative
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Volet 4 : Optimisation des biens et services environnementaux fournis par les forêts méditerranéennes, en mettant l’accent sur les opportunités offertes par les mécanismes de financement du carbone, notamment REDD+
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Volet 5 : Coordination et communication
Territoire concerné :
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Pour l’ensemble du projet : 7 forêts en Algérie, au Liban, au Maroc, en Tunisie et en Turquie.
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Au Liban : la réserve de biosphère de Jabal Moussa et la réserve de Bentael (uniquement pour le volet 3).
Porteurs de l’initiative : SILVA MEDITERRANEA (FAO) et Plan Bleu
Partenaires :
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Autorités forestières nationales des cinq pays, GIZ, ONG forestières locales.
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Au Liban : ministère de l’Agriculture (au niveau national), APJM (local)
Calendrier :
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Date de début : juillet 2012
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Date de fin : décembre 2016
Ressources humaines :
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Deux agents à temps plein travaillant pour les porteurs du projet.
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Au Liban, deux agents à temps plein au ministère et deux à l’APJM, ainsi que des consultants spécialisés pour chaque volet.
Ressources financières :
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Pour l’ensemble du projet (les 5 pays) : 8,5 millions d’euros
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Financement : 2,6 millions d’euros (FFEM), 4 millions d’euros (GIZ), 1,5 million d’euros (UE), 0,35 million d’euros (MAAF)
Quels sont les résultats concrets ?
Une contribution significative au développement et au transfert de connaissances, ainsi qu’au renforcement des capacités nationales en matière de gestion forestière
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Élaboration et publication en ligne d’une bibliographie exhaustive et de synthèses méthodologiques
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Renforcement des capacités nationales au sein des pays partenaires
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Animation et facilitation d’un processus de partage dynamique entre les pays méditerranéens, relançant ainsi la plateforme CPMF
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Adoption de nouvelles méthodes de gestion forestière par les partenaires locaux
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Au Liban, le projet a donné une impulsion à l’utilisation d’outils d’audit carbone et a ainsi soutenu le Programme national de reboisement
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Les actions menées dans le cadre de ce projet ont indirectement contribué au projet de la GIZ. Un exemple particulier est la mise en place d’un Programme forestier national 2015-2025 au Liban.
Une réponse limitée aux enjeux locaux
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Pour l’APJM, les bases de données et les analyses produites au cours de la composante 1 du projet ont apporté une contribution significative à la gestion de la réserve. En effet, ces données pallient le manque d’informations qui limitait les connaissances de la réserve et sa capacité à développer des outils de gestion adaptés.
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Bien que les études sur les biens et services aient permis le développement de nouvelles méthodes au niveau du ministère, elles n’ont pas été suffisamment valorisées au niveau local. Pour l’APJM, bien que l’analyse ait démontré les retombées financières du développement des activités apicoles (en priorité), de l’écotourisme et de la culture du thym, elle n’a pas fourni suffisamment de recommandations pratiques pour permettre aux populations locales de mieux tirer parti des biens et services de la forêt.
Une réponse efficace aux enjeux climatiques
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Les recommandations issues du volet 1 ont permis à l’APJM de repenser ses pratiques de gestion forestière, tant pour minimiser les risques d’incendie que pour permettre aux espèces menacées de stabiliser, voire d’augmenter, leurs populations.
Une meilleure résilience environnementale et une durabilité institutionnelle renforcée
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Les nouvelles techniques de gestion forestière mises en œuvre par l’APJM renforcent la résilience environnementale de la réserve.
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Le ministère de l’Agriculture a acquis des connaissances importantes sur les enjeux du changement climatique et les mesures d’adaptation possibles en matière de gestion forestière.
Les relations tendues entre les partenaires et les consultants peuvent constituer un obstacle majeur au bon déroulement du projet
En ce qui concerne les actions menées dans le cadre du volet 3 (gouvernance participative), des problèmes interpersonnels et des divergences méthodologiques entre le consultant et l’APJM ont conduit à l’interruption de ces actions au sein de la réserve. Ces actions ont dû être menées sur un autre site (la réserve de Bentael), ce qui a entraîné des retards et réduit la pertinence des composantes interdépendantes du projet libanais.
Risques de mauvaise adaptation structurelle au Liban
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La rigueur de la loi imposant un moratoire sur l’abattage des conifères a un impact négatif sur certaines forêts, notamment en termes de risques d’incendie.
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Les méthodes développées au cours de ce projet semblent particulièrement adaptées aux zones forestières où il est possible de développer des activités économiques et une gouvernance participative. Cela exclut les réserves libanaises spécifiquement classées comme zones de conservation, qui sont gérées par des commissions ou associations spécifiques et préétablies.
Témoignage de participants :
| «Auparavant, nous pensions que les enjeux liés au changement climatique ne concernaient que les feux de forêt et les infestations d’insectes. Au cours de ce projet, nous avons appris que l’adaptation au changement climatique est un cadre permettant de saisir les opportunités de résilience tant écologique que socio-économique découlant de la gestion forestière. » (Directeur du développement rural et des ressources naturelles, ministère de l’Agriculture) |
| «Nous souffrions d’un grave manque de données sur la forêt. Le projet nous a permis de créer une base de données remarquable. De plus, les recommandations issues du volet 1 nous ont fourni une nouvelle méthode de gestion forestière, que nous avons mise en œuvre. » (Un représentant de l’APJM) |
Pérennité de l’initiative
Deux projets du FEM et de l’IRI ont été élaborés et lancés à la suite de ce projet, avec les mêmes partenaires, afin de prendre des mesures supplémentaires pour protéger les forêts méditerranéennes contre la dégradation.
Quelles sont les conditions de réussite ?
Facteurs clés de réussite
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L’intérêt manifesté par l’institution nationale de gouvernance et la perception du projet comme une opportunité d’apprentissage sur les questions liées au changement climatique
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Outre la création de bases de données, le projet a apporté des réponses aux questions des parties prenantes locales et nationales, notamment concernant le développement de biens et de services ainsi que leur durabilité
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Une perspective à l’échelle méditerranéenne, qui favorise la mise en réseau et le partage d’expériences
Le projet a conclu qu’il était nécessaire d’améliorer la gouvernance forestière, et en particulier de revoir les politiques forestières relatives à l’utilisation des ressources et d’améliorer les procédures réglementaires et administratives. La mise en place d’une forme de compensation pour les services écosystémiques permettrait une gestion plus durable des ressources naturelles.
Points critiques
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Le projet comprend principalement des produits immatériels (études) et manque d’activités concrètes, ce qui a particulièrement frustré les partenaires locaux et soulevé des doutes quant à l’applicabilité des recommandations
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Ce projet montre qu’une démarche simultanée visant à étudier l’adaptation des forêts au changement climatique aux niveaux local, régional et national constitue une stratégie gagnante. Cela nécessite toutefois des efforts considérables de la part des différents partenaires pour s’accorder sur les attentes, les calendriers et les actions à mener.
Arguments en faveur de l’adaptation
Dans ce projet, deux arguments clés permettent de mobiliser les partenaires :
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Travailler sur l’adaptation des forêts au changement climatique constitue un cadre permettant de mieux comprendre l’écosystème forestier local et ses vulnérabilités, ainsi que d’améliorer la gestion de ses biens et services.
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S’intéresser aux questions d’adaptation peut préserver la durabilité de ces biens et services, voire la renforcer.
Enseignements utiles pour des initiatives similaires
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Les partenaires locaux doivent être impliqués plus tôt dans le projet, c’est-à-dire dès la phase de définition de celui-ci. Une perspective locale est très importante, car elle apporte une expérience directe et quotidienne des réalités de la gestion forestière. De plus, le renforcement des capacités des acteurs locaux est tout aussi important que celui des institutions nationales, afin de garantir que les approches mises en œuvre au cours du projet soient durables dans le temps.
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Les mécanismes de financement liés au carbone, en particulier le programme REDD+, ne présentent pas nécessairement un intérêt économique dans le contexte méditerranéen. Toutefois, une réflexion plus approfondie sur ces mécanismes, afin de les intégrer dans l’analyse et le développement de biens et services forestiers à valeur ajoutée, pourrait s’avérer utile pour planifier la gestion durable des forêts méditerranéennes à long terme.
Références
Étude réalisée par Jihad Farah, UPLoAD
Document de l’ADEME : Capitalisation on climate change adaptation practices in the mediterranean area. Project portfolio - Tirer parti des pratiques d’adaptation au changement climatique dans la région méditerranéenne. Portefeuille de projets
En savoir plus
Pour plus d’informations, consultez les sites web suivants :
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planbleu.org/projets/optimiser-la-production-de-biens-et-services-par-les-ecosystemes-boises/
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Rapport technique : planbleu.org/sites/default/files/publications/rapport_final_foret_libanc2.pdf
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Étude de la FAO sur la gestion durable des forêts : www.fao.org/3/a-bb123f.pdf
Contacts
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Nicolas Picard, Secrétariat de SILVA MEDITERRANEA, FAO - Nicolas.Picard[@]fao.org
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Chadi Mohanna, directeur du développement rural et des ressources naturelles, ministère de l’Agriculture, CMohanna[@]agriculture.gov.lb